Fedora 11


Fedora 11
Une nouvelle version de la distribution communautaire de Redhat est aujourd'hui disponible. Il s'agit de Fedora 11, qui se prénomme également Léonidas, un nom qui nous plonge directement dans le berceau de la Grèce antique. Partons sans plus attendre à la découverte de cette nouvelle release, afin de voir quelles sont les principales nouveautés qui attendent les utilisateurs.

Fedora 11 Leonidas

1. Les différentes versions

Voici la liste des versions disponibles aux téléchargements :

  • la version 1 DVD (3,7 Go)
  • la version 6 CD
  • la version Live CD Gnome
  • la version Live CD Kde
  • la version net-install (166 mo) pour une installation par Internet

On y retrouve les mêmes architectures que pour les précédentes releases : PC standard 32 et 64 bits (i386 et x86_64). Pour télécharger Fedora 11, vous pouvez vous rendre sur la page officielle : fedoraproject.org

2. L'installation

Lorsque l'on lance l'installation, on ne remarque finalement pas grand chose de nouveau. Les interfaces restent les mêmes et les utilisateurs habituels de Fedora retrouveront un environnement qui leur est familier. Après avoir inséré le CD, l'interface Grub vous propose deux modes d'installation : une standard et l'autre basée sur les drivers basiques.

Fedora 11 - Grub

Pour ma part, j'ai dû opter pour le second choix, car le premier s'est soldé par un écran noir et une impossibilité de continuer. En fait, le mode basique est le même que pour les précédentes versions, tandis que l'installation standard utilise KMS, un nouveau procédé qui sera détaillé dans la suite de cet article (cf. section graphique).

Il s'agit là d'un détail, mais je tenais à le signaler car j'ai peur que beaucoup d'utilisateurs tombent sur ce problème et ne pensent pas à essayer cette alternative. Retournant au passage sur leur OS habituel avec l'impression que Fedora est une distribution qui ne fonctionne pas.

Pour ce qui est des nouveautés apportées à Anaconda (l'installateur graphique), il faudra se pencher du côté de la Release Note. On y apprendra que les développeurs ont réécrit le module de gestion des périphériques de stockage. Le but de la manœuvre est d'améliorer le code afin de pouvoir, par la suite, proposer des installations sur de nouveaux supports, comme l'actuel iSCSI, sans effort particulier ou modification de l'interface.

3. Les Artworks

En ce qui concerne les Artworks, c'est un peu comme pour Ubuntu 9.04. On nous avait habitués à mieux par le passé. Bien sûr, je ne vous parlerai pas de l'écran de connexion GDM, qui n'a toujours pas évolué depuis la version 9 : il est tout simplement très laid et cela ne s'arrange pas vraiment au fil des mois.

Fedora 11 - Desktop

Ceci dit, Fedora 11 offre tout de même un bureau ayant un aspect professionnel. Ce dernier conviendra à bon nombre de personnes, les plus déçues s'occuperont de le personnaliser rapidement.

4. Les nouveautés

Ubutnu 9.04 avait un peu déçu sur le nombre de nouveautés proposées. Avec Fedora 11 c'est tout le contraire. Cette version propose pas moins de 52 nouvelles fonctionnalités et il s'agit là d'un record inégalé. A titre d'exemple, la version précédente de Fedora en proposait seulement 28.

Penchons-nous sans plus attendre sur la liste des nouveautés les plus importantes.

Un démarrage plus rapide

C'était l'un des objectifs en commun avec la dernière version d'Ubuntu, l'amélioration du temps de démarrage afin d'accéder à l'écran de connexion en moins de 20 secondes. Pour y arriver, les développeurs de Fedora ont dû combiner l'utilisation du système de fichiers Ext4 (qui est le choix par défaut à l'installation) et l'utilisation du noyau Linux dans sa toute dernière version, la 2.6.30.

Voici un tableau qui compare des performances :

Description / Système Ubuntu 9.04 Fedora 11 Windows XP SP3
Du grub jusqu'à l'écran de connexion 39,2 s 41,7 s 1 min 04 s
De l'écran de connexion jusqu'au bureau 12,9 s 12,7 s 6 s
Arrêt du système 6,1 s 6,0 s 6,0 s

Seul hic, j'ai installé Fedora sur un disque dur différent de celui d'Ubuntu et celui-ci est un peu plus vieux. Les performances matérielles ne sont donc peut-être pas au rendez-vous. Dans l'ensemble, je dirais qu'entre Ubuntu 9.04 et Fedora 11 c'est la même chose, tandis que Windows XP est maintenant à la traîne.

Btrfs, le système de fichier "Next Generation"

Souvenez-vous, Fedora 10 était la première distribution Linux à offrir l'utilisation d'Ext 4. Et bien, avec la version 11, il en va de même avec le très prometteur Btrfs.

On pourra activer son utilisation grâce à l'option "icantbelieveitsnotbtr", à saisir lors du prompt d'installation. Mais attention, il en est encore au stade expérimental et il est donc très périlleux de vouloir le tester.

L'arrivée des Delta RPM

Les delta RPM sont des RPM classiques mais qui n'embarquent que la différence entre deux versions d'un logiciel. Les paquets sont donc moins gros et moins longs à télécharger, ce qui accélère considérablement les mises à jour.

Avec l'arrivée des Delta RPM, vous n'êtes donc plus obligé de télécharger 150Mo de paquets pour corriger 3 bugs dans OpenOffice par exemple. Le support de ces nouveaux RPM se fait grâce à un plugin pour yum, nommé Presto. Il peut être installé avec la ligne de commande root suivante :

yum install yum-presto

L'interface graphique d'installation de logiciels progresse. On vous propose par exemple de lancer une application après l'avoir installée, le genre de détails très pratique.

Fedora 11 - Installation de logiciels

i586 est maintenant l'architecture par défaut

Jusqu'à présent, l'architecture par défaut pour les machines 32 bits était le traditionnel i386. Afin d'améliorer un peu les performances, il a été décidé d'adopter i586 à la place (ce dernier fonctionne avec des processeurs Pentium ou supérieurs). De nombreux paquets rpm ont donc été recompilés avec l'option gcc suivante :
-march=i586 -mtune=generic

On gardera à l'esprit que l'architecture 32 bits est vouée à mourir avec l'arrivée massive des ordinateurs 64 bits.

L'installation automatique des polices

Avec Fedora 10, le gestionnaire de paquets PackageKit proposait l'installation de codecs manquant lors d'une tentative de lecture d'un fichier multimédia. Cette option ayant un fort succès, les développeurs ont décidé de l'étendre aux polices de caractères. Ainsi, lorsqu'une application requiert des fonts spécifiques, elles sont installées automatiquement.

Fedora 11 - Installation des Polices

Fedora : une plate-forme pour développeurs

Les développeurs n'ont pas été oubliés avec Léonidas. La distribution est maintenant capable de servir de plate-forme pour la réalisation de logiciels devant fonctionner sous Windows. Tout ceci est possible grâce à l'intégration de MinGW (Minimalist GNU for Windows) capable de compiler des applicatifs Windows. En ce qui concerne le débogage, il faudra tout de même passer par Wine.

Cerise sur le gâteau, différents outils de profiling ont été ajoutés à l'outil de développement Eclipse. Ces programmes permettent aux développeurs de débugger plus facilement des applications et de les rendre plus performantes en analysant les goulets d'étranglement interne au code.

Le navigateur web Firefox 3.5 et le client de messagerie Thunderbird 3

Fedora 11 propose l'utilisation de Firefox 3.5. Cette décision risque de faire beaucoup parler d'elle car elle est risquée. En effet, il s'agit là d'une version beta du célèbre navigateur qui ne devrait sortir en version stable que dans quelques mois. Toutefois, le navigateur ne souffre pas de bugs particuliers et la décision ne semble pas si mauvaise que ça.

Fedora 11 - Firefox 3.5

Côté messagerie, on trouve Thunderbird 3. L'interface a quelque peu changé. Personnellement, je retiens surtout l'arrivée des onglets qui se révèlent être pratiques.

Fedora 11 - Thunderbird 3

Les améliorations graphiques

Les traditionnels drivers "nv" pour les cartes graphiques Nvidia ne sont plus utilisés. A la place, Fedora propose l'utilisation des drivers "Nouveau". Ces derniers sont certes moins bien que les drivers propriétaires (hormis le fait qu'ils soient open-source), mais ils restent suffisant pour ceux qui n'ont aucun besoin en 3D.

L'arrivée de KMS (Kernel Mode Setting) est une nouveauté importante. Ce procédé permet une gestion des modes d'affichage graphique directement par le noyau Linux. Concrètement, KMS va vous permettre de changer de consoles virtuelles plus rapidement et avec la même résolution que X11.

Les démarrages sont plus fluides graphiquement et l'image ne "saute" plus pendant le changement d'utilisateur.

Dans les prochaines versions, on parle même de possibilité d'exécuter X11 sans les droits root, ce qui sera un grand pas en terme de sécurité.

Xorg et Xserver

Enfin, quelques petites nouveautés du côté de Xorg qui passe en version 7.4 avec Xserver 1.6. Il faut savoir que ce dernier intègre maintenant DRI2, la seconde version de DRI.

Pour ceux qui ne connaissent pas, DRI ou encore Direct Rendering Infrastructure (infrastructure pour le rendu direct), est un procédé permettant aux applications 3D de gagner du temps en accédant directement au matériel sans passer par le serveur X.

Le projet DRI a été écrit il y a environ 10 ans et nécessitait donc quelques mises à jour afin d'être en phase avec les cartes graphiques de dernière génération.

Au passage, comme pour Ubuntu, la combinaison de touche Ctrl + Alt + Backspace a disparu, mais il est toujours possible de la restaurer.

5. En quelques mots, les autres nouveautés

  • Les tous derniers environnements graphiques sont disponibles : Gnome 2.26.1, KDE 4.2 ou encore Xfce 4.6
  • Côté bureautique, on retrouve OpenOffice.org en version 3.1.0
  • Simplification de l'utilisation des lecteurs d'empreintes digitales comme solution d'authentification
  • TigerVNC devient le serveur VNC par défaut (prise de contrôle à distance). La communauté de Fedora a fait ce choix car l'ancien utilitaire RealVNC n'a pas subi de mise à jour de puis le 18 mai 2006. L'idée est donc de migrer vers un projet un peu plus actif
  • Améliorations nombreuses dans le domaine de la virtualisation. Au passage, les paquets KVM et QEMU ont fusionné pour ne faire plus qu'un

Fedora 11 - Leonidas

6. Conclusion

Fedora 11 est un pari risqué pour ses créateurs. Risqué car cette dernière monture intègre un nombre de nouveautés plutôt impressionnant, et ce choix peut se révéler dangereux si la distribution comporte trop de bugs. Son image pourrait en prendre un coup.

Mais dans la réalité il n'en est rien. Pour ma part, hormis un bug lors de l'installation, tout fonctionne sans problème. L'utilisation d'Ext4 et l'amélioration globale des performances nous font rapidement oublier les artworks un peu décevants.

Fedora poursuit donc sans relâche son objectif principal : améliorer le monde des logiciels libres et avec cette version elle nous le prouve encore une fois.

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10 Commentaires pour "Fedora 11"

Flux des commentaires de cet article Ajouter un commentaire
  •  

    Ba non elle sort pas aujourd'hui Fedora 11 mais demain ! t'es en avance !

    RépondreRépondre
    TitaX , le 8 juin 2009 à 18:25
  •  

    @TitaX (disponible à partir du 9 juin 2009 à 16h00, heure française), c'est une fedora 11 preview qui nous montre là.

    Excellent article Seb, attends mon backlink ;)

    RépondreRépondre
    inalgnu , le 8 juin 2009 à 19:24
  •  

    Et pour toute personne ayant une F11 preview à jour, ils ont déjà la F11, non ?

    RépondreRépondre
    FredBezies , le 8 juin 2009 à 19:25
  •  

    Excellente présentation ;)
    Ça va être dur d'attendre jusqu'à 16h!

    RépondreRépondre
    Bino , le 8 juin 2009 à 23:05
  •  

    @inalgnu : merci

    @TitaX : comme le dit inalgnu, je l'ai précisé que j'étais en avance. :-)

    @FredBezies : oui. Par contre, installer la version preview n'est pas forcément recommandé. Il vaut mieux attendre la version finale qui sera stable.

    @Bino : tu peux y arriver, j'en suis sûr.

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    pti-seb , le 8 juin 2009 à 23:52
  •  

    "i586 est maintenant l'architecture par défaut"
    D'après la page des torrents de Fedora 11(http://torrent.fedoraproject.org/torrents/) transmise par FredBezies sur Identi.ca, on a Fedora 11 disponible pour les architectures i386, i686, ppc et x86_64.
    Je ne vois nulle part mention d'une quelconque version i586. Tu ne confondrais pas un peu avec Mandriva ?

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    DarkBaboon , le 9 juin 2009 à 15:05
  •  

    @DarkBaboon : les noms des ISO n'ont pas changés visiblement. pourtant les RPM pour l'architecture 32 bits sont bien en i586.

    La preuve :

    [sbilbeau@xblade ~]$ rpm -qa | head -n 4
    gstreamer-python-0.10.14-2.fc11.i586
    m17n-lib-1.5.4-1.fc11.i586
    parted-1.8.8-17.fc11.i586
    rarian-compat-0.8.1-4.fc11.i586

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    pti-seb , le 9 juin 2009 à 19:57
  •  

    Le temp de boot est trop !

    RépondreRépondre
    said026 , le 10 juin 2009 à 11:44
  •  

    Excellent !

    RépondreRépondre
    Rydgel , le 11 juin 2009 à 12:52
  •  

    Super cette Fedora 11, je suis impressionné par toutes ces nouveautés, l'ensemble du système est stable et rapide.

    Bravo aux devellopeurs !

    RépondreRépondre
    skalp , le 12 juin 2009 à 10:20
 

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