Le gouvernement recommande l'utilisation de logiciels libres


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Voici une bonne nouvelle pour les défenseurs des logiciels libres. Le 19 septembre 2012, le premier ministre Jean-Marc AYRAULT a diffusé une circulaire qui vise à encourager l'adoption de logiciels libres dans les administrations publiques françaises.

Course de Gnous

Ce document, qui fait 19 pages, nous explique dans un premier temps ce que sont les logiciels libres (section 2, page 5) et nous détaille ensuite (section 3.1, page 7) les avantages qu'ils peuvent apporter dans le contexte public :

  • leur coût est souvent moins cher
  • ils sont pilotés par les besoins, minimisant les évolutions superflues
  • ils offrent du support sur du long terme
  • l'absence de droit d'usage permet d'évoluer sans contrainte
  • ils facilitent la mutualisation entre les acteurs publics
  • ils apportent une meilleure transparence

On nous explique également (section 3.3.2, page 10), que certains contextes sont défavorables au modèle du libre. Il y a, par exemple, le cas où l'on doit développer un logiciel complexe qui requiert la présence d'un professionnel dédié, c'est-à-dire un éditeur (personnellement, je n'ai pas trop compris en quoi le logiciel libre ne pouvait répondre à ce genre de besoin...).

La section 4 (page 11) nous décrit comment l'État doit agir pour favoriser l'usage des logiciels libres. Voici quelques exemples notables :

  • La mise en place d'un groupe de travail entre les ministères, afin de les impliquer dans une démarche commune
  • Reverser 5 à 10% des coûts de licences évités aux projets libres, pour les aider financièrement
  • Favoriser l'implication à titre professionnel des agents de l'État : écriture de code source, traductions, documentations...
  • ...

Enfin, si vous lisez cette circulaire en entier, vous tomberez sûrement sur cette phrase, qui à mon avis va devenir l'une des citations les plus importantes en matière de choix de logiciels :

"Désormais, pour répondre aux besoins métiers, le logiciel libre doit être considéré à égalité avec les autres solutions. C'est dans cette évolution que s'inscrit l'usage du logiciel libre dans l'administration."

Pour conclure, je dirais que ce document est plutôt bien rédigé. Les auteurs initiaux (la DISIC) sont sans aucun doute des experts du domaine et d'ailleurs je doute que Jean-Marc AYRAULT ait compris l'ensemble du texte, tant certaines sections nécessitent de bien connaître le monde de l'informatique. Tout ça nous change un peu des incompétents que l'on avait l'habitude de voir dans le gouvernement précédent (ex : Hadopi, pare-feu dans OpenOffice...).

Personnellement, je me réjouis de cette initiative, elle décrit clairement l'objectif des administrations dans ce domaine, mais j'ai tout de même quelques doutes sur sa mise en œuvre. Rien dans ce document n'oblige qui que ce soit à faire quoi que ce soit. L'adoption des logiciels libres dans les administrations françaises n'est donc pas vraiment conditionnée, et au final, seuls les informaticiens feront ou non le choix d'opter des solutions libres plutôt que propriétaires.

Qui vivra, verra...

Merci à @plinuxke, @myorama, @Simounet et @Bastri pour la relecture.
Une autre analyse chez Mr Borne


12 Commentaires pour "Le gouvernement recommande l'utilisation de logiciels libres"

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  •  

    YEahhahahah Ca c'est la gauche ! Vive le PS !

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    zobi8225 , le 24 septembre 2012 à 12:42
  •  

    @zobi8225 : à mon avis, il serait encore plus intelligent si le choix des logiciels libres n'était pas relié à un parti politique. Le code source libre n'est pour moi pas une histoire de droite ou de gauche, mais plus une histoire de liberté et de respect des utilisateurs et des développeurs.

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    pti-seb , le 24 septembre 2012 à 12:47
  •  

    La couleur politique n'a rien à voir avec ce texte, l'administration ne vit pas au seul rythme des changements de chefs/dirigeants.

    En tout cas heureux de voir la DISIC à l'oeuvre donc un document signé du premier ministre.

    Après quant à l'application de ce qui est écrit ici, comme le dit l'auteur, c'est au bon vouloir des décideurs :(

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    AnCaRioN , le 24 septembre 2012 à 13:08
  •  

    Comme tu le dis, c'est une belle lettre, mais ça n'oblige à rien. À voir si ça suivra derrière.

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    Simounet , le 24 septembre 2012 à 13:36
  •  

    @Simounet : ba oui il ne s'agit que d'une circulaire. Et la distinction est d'importance, puisque le logiciel libre a déjà été victime de l'effet : "on voudrait bien mais les lobby proprio sont trop forts".

    N'oublions pas que nos députés ont abandonné récemment leur poste linux ...

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    pybd , le 24 septembre 2012 à 13:52
  •  

    Mais complètement les verts et la gauche défendent le logiciel libre depuis longtemps !
    A l’inverses Fillon faisait la par belle à crosoft.

    Je sais que ca emmerde les libriste, mais le logiciel libre est profondément de gauche :-)

    Je dirais même que le logiciel libre est profondément marxiste dans le sens où il est un refus de la propriété privé des moyen de production. (un refus de la propriété privé des sources code).

    Bon sur ce gros troll .... Vive le PS :D

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    zobi8225 , le 24 septembre 2012 à 15:31
  •  

    +1 sur les idées défendues depuis bien longtemps par les Verts puis par le PS (partis progressistes dirons nous).....le problème est que pendant ce temps là, les députés vont revenir à windows alors qu'il tournait sur Ubuntu.

    a quand un vrai partenariat Etat français - Canonical (si retenue après mise en concurrence avec d'autres boîtes du libre) pour une mise en place à grande échelle d'une solution libre + développement de logiciel métier adapté !

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    Aquilon , le 24 septembre 2012 à 17:14
  •  

    c'est très bien !
    au lieu de dépenser des millions en licences, ils pourrait avoir l'audace de créer tout un éventail de logiciel spécifique à leurs besoins, tout les outils sont en libres accès ! pourquoi pas un os complet spécifique aux besoin des administrations, comme au usa (service spéciaux), au Brésil ou en Turquie, Chine, Japon, (administration)
    DAns tout les cas vaut mieux tard que jamais :)

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    joker , le 24 septembre 2012 à 19:57
  •  

    Ce n'est pas parce qu'il y a Mme Joly qui s'affiche avec R. Stallman, pendant l'élection présidentielle que ces personnes (les hommes / femmes politiques), s'occupe de véhiculer le logiciel Libre, de manière efficace.
    Chez eux ils utilisent quoi? Je mettrai ma main à couper que c'est du Windows + tout les softs privateurs comme Skype. C'est un discours à deux vitesses.
    Même si ce rapport à une vision assez intéressante, il y a aussi le problème de l'ignorance de nos dirigeants. pti-seb à souligné l'intervention d'Albanel mais il y a eu aussi une vidéo où un journaliste demande aux députés qu'est-ce-que le P2P, seul Yves Cochet à donné une réponse pas trop mauvaise. Et après ils votent des lois comme l'HADOPI.
    Pour en revenir au Libre, il faudrait d'abord s'attaquer aux lobbys des grosses boites, qui exercent des pressions. Ce qui me gène aussi c'est que le cout réduit des logiciels est un argument plutôt important, en somme une façon de gagner de l'argent de manière significative et sans forcément se soucier des autres avantages du Libre.
    Et pour finir, je dirais vive le PS, quand HADOPI sera supprimé...

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    Ypnose , le 25 septembre 2012 à 13:25
  •  

    Bien le bonjour,
    je suis informaticien en centre hospitalier.

    Nous utilisons des progiciels qui ne sont absolument pas compatibles avec Linux, et aucun éditeur sur ce marché ne propose de solution installable et/ou utilisable et/ou maintenue sur une plate-forme libre. Et je ne parle pas d'un petit logiciel, mais de celui qui gère à la fois les patients, l'économat, la facturation, les agents hospitaliers, les plannings, la paye, etc. Un monstre énorme qui peine déjà à fonctionner correctement et à se tenir à jour des modifications réglementaires (et il y en a beaucoup).

    De plus, le niveau en utilisation de l'outil informatique des utilisateurs étant (malgré des formations régulières) assez bas, difficile de leur faire adopter quelque chose qui ne ressemble pas à ce qu'ils ont l'habitude de voir. (et forcer la main des utilisateurs est le meilleur moyen de faire capoter un projet, surtout quand on en vient à parler des médecins).

    On utilise quelques logiciels libres quand on peut, on a quelques serveurs sous linux, mais on ne peut pas se permettre de tout passer au libre, tout simplement parce que les outils que nous utilisons sont soumis à des réglementations, et qu'aucun éditeur qui puisse les implémenter dans sa solution n'a fait le choix de le faire en libre.

    Donc ces recommandations sont une excellente chose, mais les imposer comme semblent le souhaiter certaines personnes ici serait complètement inefficace et impossible à mettre en oeuvre.

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    Dric , le 26 septembre 2012 à 12:52
  •  

    Le problème des logiciels spécifique ne tournant pas sous Linux est facile a contourner, et la solution et facile en mettre en œuvre et en facilite l'usage et la maintenance.
    Il suffit de virtualiser ou d’installer des serveurs Windows et d'y accéder par un client d'affichage déporté, embarqué sur des postes de travail Linux.
    Sur le principe qui est déjà utilisé par des tas de boites qui utilisent des client légers pour accéder a des serveurs spécialisés AS400 ou Linux.
    C'est la solution que j'ai choisi pour moi, Mes applis win tournent sur un serveur et mes postes de travail ne son pas pollués, et comme mon serveur n'a qu'un accès limité a Internet je n'est pas de soucis.

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    pierguiard , le 29 septembre 2012 à 09:00
  •  

    On est déjà virtualisés (sur du vmware), et on a déjà des clients légers qui accèdent à des applis sous Citrix. Et le client ICA sous Linux est malheureusement loin d'égaler en terme de stabilité celui de Windows (pour la petite histoire, c'est Citrix qui a conçu le protocole TSE-RDP-RDS de Microsoft).
    On avait donc des clients légers sous Linux qu'on a dû remplacer par du Windows embedded à cause des soucis d'impression. Ce qui est dommage parce que les CL en Linux étaient plutôt mieux foutus que les Windows Embedded.

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    Dric , le 1 octobre 2012 à 08:54
 

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